Bienvenue sur mon « ortho-blog »

Billets d'humeur, actualité linguistique, anecdotes orthographiques, je partagerai ici régulièrement, avec vous, mon regard de correctrice sur le monde qui nous entoure.

« Ceux qui écrivent comme ils parlent, quoiqu'ils parlent très bien, écrivent mal. »

George Louis Leclerc, Comte de Buffon, écrivain, naturaliste et philosophe français (1707-1788)

Monsieur Larousse, censurez svp !

Ma fille avait une dissertation à rendre en anglais aujourd'hui et m'a proposé de la lire, si je voulais. « Oui, bien sûr, chérie ! » Mais comme je suis une maman pointilleuse, et de surcroît allergique aux fautes, je dois toujours, dans ce genre de circonstances, m’assurer de savoir exactement avant lecture ce que mes enfants me demandent quand ils me proposent de lire leur prose. Un avis sur le fond ? sur la forme ? une correction orthographique ? (Si tant est que je réussisse à faire l’un sans l’autre, ça, c’est une autre histoire…)

Et voilà que ma fille me répond : « Ce n’est pas pour les fautes, j’ai utilisé le correcteur en ligne… » Saperlipopette ! Je n’ai pas le temps de lever le sourcil pour manifester mon indignation qu’elle a déjà réalisé l’énormité de sa réponse… C’est qu’elle me connaît comme si je l’avais faite… No comment.

Dissertation lue, presqu’aucune faute relevée. Soit le correcteur en ligne n’est pas si mauvais, soit le niveau d’anglais de ma fille est vraiment très bon. J’opte pour la deuxième explication, et je sais que j'ai raison de le faire.

 

Puis je me remets au travail, de la correction en français cette fois. C’est alors que, lors d’une vérification sur larousse.fr, je remarque le petit monsieur en marinière, là, sur le côté. Je regarde de plus près, et cette fois mon sourcil se soulève bel et bien d’indignation ! Quatre fautes (dont deux fois la même) dans une accroche invitant à apprendre la langue française sur TV5MONDE. C'est du propre !

Monsieur Larousse, s’il vous plaît, censurez les annonces contenant des fautes !! Quant à TV5MONDE qui prétend enseigner le français, comment vous dire…

Copie d'écran sur larousse.fr

Capture d'écran ce jour sur le site larousse.fr
11/04/2017

Orthographe, circonflexe et compagnie, une actu ?

Bonjour,

En ce contexte de nouvelle médiatisation passionnée des propositions de la réforme de l'orthographe de 1990, je vous propose de lire ici l'article publié par le journal Le Monde, dans sa rubrique Les Décodeurs (en ligne ici). Comme ce genre d'article ne reste pas forcément en ligne longtemps, je le copie ici dans son intégralité pour l'information des visiteurs de ce site.

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Non, l’accent circonflexe ne va pas disparaître

Le Monde.fr |  • Mis à jour le  | Par Samuel Laurent

image: http://s2.lemde.fr/image/2016/02/04/534x0/4859438_6_9496_une-reforme-de-l-orthographe-datant-de-1990-va_0dbe285b38e4035e1903b5674a10f788.jpg

Une réforme de l'orthographe datant de 1990 va être introduite dans tous les manuels scolaires. Mais elle ne fait pas disparaître l'accent circonflexe.

« La mort de l’accent circonflexe » ; « L’accent circonflexe va disparaître à la rentrée » ; « Adieu circonflexe, la réforme de l’orthographe va s’appliquer en septembre » : voilà quelques-uns des titres qu’on pouvait lire, jeudi 4 février dans la presse. Une nouvelle qui a immédiatement suscité commentaires et traits d’humour sur les réseaux sociaux.

Le syndicat étudiant UNI et l’observatoire des programmes scolaires ont même publié un communiqué rageur contre la ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem, qui « se croit autoriser [sic] à bouleverser les règles de l’orthographe et de la langue française ».

Mais pourquoi ce soudain emballement ? Contacté, le ministère de l’éducation nationale avoue ne pas comprendre : il n’a rien annoncé.

Lire aussi : Quiz de français : et vous, parlez-vous la nouvelle orthographe ?

Tout a commencé avec un article publié par le site de TF1, mercredi 3 février, qui annonçait que « la réforme de l’orthographe votée en 1990 sera [it] appliquée à la rentrée prochaine », sans préciser sa source.

En 1990, l’Académie française avait planché sur une grande révision du français, afin d’en simplifier l’apprentissage. Cette réforme proposait une série de modifications : harmonisations lexicales (« charriot » avec deux « r » pour être similaire à « charrette »), regroupement de noms composés (« portemonnaie » plutôt que « porte-monnaie ») et suppression de certains particularismes, dont l’accent circonflexe.

Cette réforme, violemment combattue et qui avait suscité des débats passionnés, n’avait pas de caractère obligatoire. Elle constituait une série de suggestions. Et, si la plupart des dictionnaires les proposent comme graphie alternative, dans l’enseignement proprement dit, elle est restée lettre morte durant un quart de siècle.

Une réforme en place depuis… 2008

Alors d’où vient la nouveauté ? En réalité, elle date de… 2008. A cette date, un Bulletin officiel de l’éducation nationale venait rappeler que « l’orthographe révisée est la référence ». Ce que confirme par exemple le site de l’académie de Grenoble, qui indique que « les programmes 2007 (…) imposent aux profs d’enseigner l’orthographe révisée ».

Dans la réforme des programmes intervenue fin 2015, on trouve la même mention : « Les textes qui suivent appliquent les rectifications orthographiques proposées par le Conseil supérieur de la langue française, approuvées par l’Académie française et publiées par le Journal officiel de la République française le 6 décembre 1990. »

image: http://s1.lemde.fr/image/2016/02/04/534x0/4859437_6_41f1_2016-02-04-2899fb2-23528-192xy9r_3b2a0702e7deca78bafd6897a20633ad.png

 

Mais elle évoque bien « les textes qui suivent », donc ceux qui définissent les nouveaux cycles d’apprentissage.

Une décision des éditeurs de manuels scolaires

Mais alors, quelle est la nouveauté de 2016 ? « Cette fois, les éditeurs de manuels scolaires ont décidé de tous appliquer la réforme à la rentrée », explique-t-on au ministère. Jusqu’ici, en effet, ceux-ci appliquaient ou non les réformes orthographiques, de manière disparate.

La réforme sera désormais appliquée dans les nouveaux manuels, confirme-t-on chez deux éditeurs scolaires. Aux éditions Belin. Sylvie Marcé, leur présidente, explique :

« Ce n’est pas nouveau que les manuels primaires intègrent cette orthographe. Certains le faisaient déjà. Ce qui a probablement poussé beaucoup d’éditeurs à sauter le pas cette année, c’est le fait que le ministère lui-même a rappelé l’importance de l’orthographe et de la langue, et a inscrit à l’intérieur des programmes que la référence est celle de 1990. »

Mais l’éditrice rappelle aussi que « l’Académie n’a jamais imposé cette nouvelle orthographe, qui reste facultative », et qu’il s’agit pour les éditeurs scolaires d’accompagner et de clarifier ce changement. Dans les faits, les enseignants n’ont pas à sanctionner un élève qui écrirait « à l’ancienne » avec des circonflexes.

Non, le circonflexe ne disparaît pas

Dernier point : la réforme ne « tue » pas vraiment l’accent circonflexe. En réalité, celui-ci serait facultatif sur les « i » et les « u », mais demeurerait sur les « a » et « o ». En outre, il resterait employé dans d’autres cas :

  • Au passé simple : nous suivîmes, nous voulûmes, nous aimâmes ; vous suivîtes, vous voulûtes, vous aimâtes…
  • À l’imparfait du subjonctif (troisième personne du singulier) : qu’il suivît, qu’il voulût, qu’il aimât…
  • Au plus-que-parfait du subjonctif : qu’il eût suivi, il eût voulu, qu’il eût aimé…
  • Lorsqu’il apporte une distinction de sens utile : dû, jeûne, mûr, sûr… Dès lors que l’enlever créerait une confusion de sens entre deux mots (« mûr » et « mur », par exemple).

Ajoutons que l’Académie précisait déjà dans son document de 1990 :

« Les personnes qui ont déjà la maîtrise de l’orthographe ancienne pourront, naturellement, ne pas suivre cette nouvelle norme. »

Jeudi matin, le cabinet de Najat Vallaud-Belkacem a confirmé que « ces règles sont une référence mais ne sauraient être imposées, les deux orthographes sont donc justes. »

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Dicos nouveaux

Les dictionnaires nouveaux sont arrivés ! Le Petit Robert et le Petit Larousse, édition 2016, sont parus en mai dernier, en avance sur leur temps comme à leur habitude, et tentant de rester à la page en intégrant comme chaque année un florilège de mots nouveaux… dont le choix en laissera perplexe plus d’un.

Notre langue évolue avec son temps aussi, certes, mais beuh pour « marijuana » et mémériser pour « vieillir l’apparence d’une femme » nécessitaient-ils vraiment une pérennisation lexicale ? Les expressions « tendu comme un string » ou « maquillée comme un camion volé » sont-elles vraiment devenues indispensables à notre culture linguistique ?

D’ailleurs, c’est drôle, parmi les nouveaux venus, les quelques mots mis en avant sur http://www.linternaute.com/actualite/societe/1230509-nouveaux-mots-du-dico-2016/ (par exemple) et sur le site du Petit Robert (http://www.lerobert.com/le-robert-illustre/les-mots-nouveaux.php) ne sont pas du tout les mêmes. À croire que l’éditeur lui-même n’assume pas certains de ses choix… Encore plus drôle, sur le site du Petit Robert, parmi les mots nouveaux figure l’anglicisme big data, sa définition et… la recommandation « officielle » pour exprimer cette notion : mégadonnées !

 

Je suis fidèle au Petit Larousse et me procure la dernière édition tous les 3 ou 4 ans, histoire de rester moi-même à la page. Cette année, mon tout nouveau dictionnaire arbore fièrement une jolie carte dorée me donnant accès à une version Internet du Larousse 2016. Chouette, chouette ! Moi qui suis adepte de la version gratuite en ligne pour mes recherches rapides, mais qui dois régulièrement retourner à mon bon gros pavé, me voilà emballée par une version actualisée directement à portée de clavier. Je m’empresse donc d’activer mon dictionnaire Internet et bien sûr de le tester…

Quelle déception ! Côté dictionnaire, les mots nouveaux n’y sont pas et je ne trouve aucune plus-value par rapport à la version gratuite en ligne accessible à tous. C’est d’ailleurs, je le suspecte, exactement la même version. Côté conjugateur, apparemment rien de nouveau non plus : il ne sait pas conjuguer « mémériser ». Côté encyclopédie, c’est pire. Une suite de dossiers à consulter, classés par thèmes, mais aucune possibilité de recherche par mot-clé, ce qui limite grandement son utilité, la version gratuite étant bien meilleure pour cela.

Je trouve finalement un intérêt à ce « webdictionnaire » (!) : les documents vidéo,  quasi absents du Larousse en ligne. Il faut cependant parcourir la liste chronologique pour y trouver un sujet en particulier, car, là encore, pas de recherche par mot-clé. C’est très dommage.

En bref, grande déception quant à la petite carte dorée de mon nouveau dictionnaire, mais quelle importance ? De toute façon, c’est bien ma version papier que je voulais actualiser. Me voilà équipée pour 3 nouvelles années !