définition

  • Méfions-nous des dictionnaires…

    … en ligne !!!!!!

    Après mon petit billet de ce matin sur France Léa, voici quelques mots à propos d’une découverte étonnante que j’ai faite lundi dernier.

    J’en parle souvent, quand on a un doute, il ne faut pas hésiter à consulter un dictionnaire. Or, gratuits, pratiques, et de nos jours toujours à portée de main, ou plutôt d’écran, les dictionnaires en ligne sont une aubaine pour vérifier vite fait bien fait une orthographe ou une conjugaison.

    Mais voilà, encore faut-il pouvoir faire confiance à ces dictionnaires – on trouve de tout sur Internet –, et c’est pour cela que, pour ma part, je ne consulte que le site de Larousse, référence s’il en est.

    Quelle ne fut pas ma surprise donc d’y remarquer une incohérence trompeuse pour le lecteur lorsque je réfléchissais à la façon d’exposer de façon simple mon ortho-truc de la semaine concernant l’expression « flambant neuf ».

    Pour chaque mot, s’il y a lieu, plusieurs onglets sont consultables : Définitions, Expressions, Synonymes, Difficultés, Citations, Conjugaison.

    Or pour notre expression « flambant neuf », deux onglets présentent deux informations différentes et incomplètes (voir ici pour le détail).

    La combinaison de ces deux informations conduit le lecteur à comprendre que deux possibilités existent pour cette expression, l’accord ou non de l’adjectif neuf, avec, dans les deux cas, l’adjectif flambant invariable. Mais aucune des deux informations seules ne le permet. 

    En revanche, cette ambigüité n’existe pas dans le volume papier du Petit Larousse (édition 2012), où toute l’information est donnée dans un même article.

    Je consulte souvent le dictionnaire en ligne et c’est la première fois que je constate ce genre d’anomalie. J’espère qu’elle est une exception. 

    L’on peut se procurer depuis plusieurs années des versions CD-ROM des grands noms d’encyclopédies et dictionnaires français (plus pratiques qu’une vingtaine de volumes à caser sur l’étagère du salon !).

    Aujourd’hui, Larousse offre en plus cette version gratuite, initiative fort appréciable (ce n’est pas le cas, par exemple, pour le Robert). Cependant, j’ose espérer que la gratuité d’accès n’a aucun rapport avec cette anomalie rencontrée par hasard. Cela mérite que je me penche sur la question…

  • Ortho-anecdotes new-yorkaises

    Le week-end dernier, j’étais à New York, et je n’ai pas vu de grosse pomme ! J’espérais bien pourtant me mettre quelque chose sous la dent après Venise (voir ici). C’est vrai, quoi, on va passer quelques jours de vacances sur un lieu connu pour être surnommé The Big Apple, et, pas un hommage, pas un monument consacré au fruit invoqué… à part la pomme d’Apple !!! 

    Au deli1 du coin, me direz-vous ? Il y avait bien des pommes ? Eh bien, oui, sans doute, mais je n’étais pas là pour faire du shopping de supermarché… quoique, je n’ai quand même pas pu résister à l’achat d’un bocal de peanut butter2 (chacun ses vices !).

    Pas de pommes pour moi à NYC, disais-je donc, mais certes des pommes de terre, dans tous les restaurants ! Frites ou en chips, cela va sans dire ; préparées maison, un petit plus appréciable sur certaines cartes. 

    Bon, bon, revenons à nos ortho-moutons. Qu’ai-je donc trouvé d’intéressant à ortho-bloguer ? 

    Ah oui ! Tout d’abord, j’ai découvert, dans la boutique UNIQLO de Broadway, qu’il existait une marque de vêtements, créée en 2008 par le japonais Yasutaka Tomita (je vous jure que je ne fais pas exprès), qui s’appelle Dictionary. Quel rapport entre mode et orthographe, me direz-vous ! Aucune idée ! Promis, quand je rencontrerai M. Tomita, un jour peut-être, je le lui demanderai ! 

    Deuxième chose plus étonnante encore, un tableau d’un certain Joseph Kosuth (américain et vivant) exposé au MoMA3 et représentant l’agrandissement photographique d’un article de dictionnaire donnant la définition du mot… définition. Évidemment, cela me laisse perplexe. Il y a sans aucun doute une symbolique profonde à ce genre d’œuvre.

    Je me renseigne. Le fait que M. Kosuth ait été nommé en 1973 Chevalier des Arts et Lettres par le gouvernement français constitue sans doute un indice. Le fait qu’il ait dit un jour : « La seule exigence de l'art s'adresse à l'art. L'art est la définition de l'art. » finit tout de même de m’embrouiller.

    Je persévère. En fait, M. Kosuth ne s’est pas contenté de la définition de définition ; il a aussi photographié-zoomé art et… chaise. Il s’agit d’art conceptuel, autrement dit : « ce qui permet à l’art d’être art », un mouvement qui bannit l’esthétique et toute « visée métaphysique » pour « limiter le travail de l’artiste à la production de définitions de l’art… ».4

    Ma conclusion : un dictionnaire donne des définitions de mots, une photo de définition de mot donne une définition de l’art… Comprenne qui pourra ! 

    Enfin, voici une troisième et dernière petite anecdote à vous raconter, plus légère et qui m’a fait sourire dans le subway new-yorkais, moi qui ne suis pas une habituée du langage sms. Le cadre : une affiche publicitaire, dans le métro donc, sur laquelle le buste d’une femme style Roy Lichtenstein (encore un artiste contemporain, je ne fais pas exprès non plus !) est représentée au comble de la surprise. Je regarde de plus près, car ça me fait penser à la pub que j’ai vue récemment à Paris pour « un Perrier avec des fines bulles », dans le genre pop art également (et avec un des qui me semble inapproprié, mais bon, c’est encore autre histoire).

    De la bouche en Oh ! de la blonde pointillée sort une bulle qui exprime son étonnement devant les avantages d’une société de rachat d’or et d’argent. Et la bulle commence ainsi (je ne me rappelle plus du texte exact, mais en fait on s’en moque un peu, n’est-ce pas ?) : « OMG ! Blablabla, blablabla… ».

    MAIS, et j’en arrive à ce qui m’a fait sourire, c’est que, toute nullissime que je suis en langage sms, ce OMG me saute aux yeux comme étant de toute évidence le fameux et policé Oh My God !5 Ce que je trouve drôle, c’est qu’une telle expression soit, d’une part, abrégée et, d’autre part, utilisée ainsi sur une affiche.

    Ça ne fait sourire que moi ? Oui, c'est parce que vous n’avez pas vu l’affiche en question et, j’en suis désolée, je n’ai pas pensé à la zoomer-photographier.

    À bientôt pour un prochain billet dans lequel je vous parlerai de France Léa… Changement de décor... 

    Les deli sont les delicatessen, c'est-à-dire les épiceries ou petits supermarchés.

    2 Le beurre de cacahouète, bien sûr !

    3 Museum of Modern Art.

    4 J'ai puisé mes infos sur le site du Centre Pompidou : http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-ArtConcept/ENS-ArtConcept.htm.

    5 Oh ! Mon Dieu !

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  • Mots impudiques à l'affiche

    Connaissez-vous ces mots impudiques qui se déshabillent effrontément sur scène depuis quelques mois, interviewés par deux impertinentes journalistes ? Peut-être les avez-vous entendus se prélasser sur les ondes de France Inter, il y a quelques années... Depuis, échappés des studios, ils courent de scène en scène (parisiennes pour l'instant), les Trois Baudets, l'Européen et, depuis quelques semaines, le Studio des Champs Élysées (Ah ! tiens, encore un studio ! Mais ça n'a rien à voir).

    « Mais de quoi parles-tu ?

    – Mais de monsieur Onanisme, des cousins Ennuyant et Ennuyeux, de miss Paresse et de madame Pusillanimité, bien sûr ! Entre autres invités !

    – Mais encore ?

    – Du spectacle de Flor Lurienne et Léonore Chaix, Déshabillez-mots, dont le succès va croissant dans la capitale, auprès du public comme des critiques (avec notamment les fameux TTT de Télérama ce mois-ci).

    – Tu l'as vu, toi, ce strip-tease de mots ? Ce sont Flor et Léonore qui se déshabillent ?

    – Oui, j'ai vu ce strip-tease, à l'Européen, fin décembre. Absurde et jubilatoire ! Ce n'est pas de moi, mais c'est tellement ça ! Non, non, les filles, elles, ne se déshabillent pas, elles jouent leurs personnages. Sauf que leurs personnages, ce sont les mots. Elles les interviewent et les font parler. De leur sens, de leur histoire ou de leur actualité. Bref, le mieux, c'est encore de consulter leur site (http://www.deshabillez-mots.com/), et surtout d'aller découvrir le spectacle, à la fois sensuel et drôle de ces deux comédiennes tour à tour cinglantes et langoureuses que d'aucuns qualifient d'obsédées textuelles... »