révolte

Une correctrice dans la ville...

Au secours ! Il semble que je ne puisse plus enlever mes lunettes de correctrice... Elles sont posées sur mon nez depuis quelques années et je n'arrive plus à m'en séparer.

Résultat, je vois des fautes partout ! 

Avez-vous remarqué que nous sommes cernés ? Ou est-ce moi seule qui vois ces fautes s'afficher (s'assumer ?), sur les vitrines des commerçants et dans les salles d'attente comme seuls Aomamé et Tengo voient les deux lunes dans le ciel de 1Q84* ?

Pas de doute pourtant ! Je vois bien des fautes d'orthographe s'afficher partout, sans complexe ou inconscientes... 

Florilège de ces derniers mois :

Chez un commerçant : « Pour toute commande, merci dans faire la demande ». (d'en)

Chez un autre commerçant : « Venez profitez des offres de Noël ». (profiter)

Au club de sport : « La direction et le conseil d'administration vous souhaite une excellente année 2012 ». (souhaitent)

Chez le dentiste : « Pour toute prise en charge CMU, merci de fournir tous les document nécessaires... ». (documents)

Dernière faute en date, chez une grande enseigne de bricolage : « Veuillez présenter vos sacs et cabas ouvert en caisse ». J'ai pointé du doigt l'affiche à ma fille de 9 ans, qui a lu puis déclaré ébahie : « Il manque un "s" à ouvert ?! ».

Parfois, je fais la remarque à mon interlocuteur, avec diplomatie, s'entend ; parfois, je n'ose pas ! Parfois, je reviens, et la faute a disparu (du moins sur une partie des affiches...!) ; parfois, elle est toujours là, un an après, malgré ma remarque, au contrôle dentaire suivant par exemple...

Bien sûr, on peut décider que tout ça n'est pas bien grave, que ça ne va pas empêcher la Terre de tourner et les magasins de vendre. On peut même penser que personne ne s'en aperçoit... Sans doute pas en tout cas des gens comme Mickael Korvin et Morsay, l'écrivain et le rappeur ayant accusé récemment Erik Orsenna de « tuer le français » avec par exemple son livre La Révolte des accents (Stock, 2007) ! Polémique imbécile selon moi. « Point, final », comme l'a commentée l'académicien agressé.

Mais revenons aux fautes qui s'affichent. Le fait est que j'ai remarqué ces négligences, et avec moi sans doute un certain nombre de personnes, et je pense même, ou du moins j'espère, que 100% des personnes qui s'en aperçoivent en sont incommodées ! Que voulez-vous ? Aomamé et Tengo poursuivent leur route malgré les deux lunes. Et nous autres allergiques à la faute faisons de même...

« Les hommes ne se comprennent qu'à mesure qu'ils sont animés des mêmes passions. »

Stendhal, écrivain français (1783 - 1842)

 

 *1Q84, livres 1, 2 et 3, Haruki Murakami, parus en France en 2011 et 2012 chez Belfond. Cf. mon billet sur le salon du livre ici.