Dictionary, by Yasutaka Tomita

Ortho-anecdotes new-yorkaises

  • Par viguier
  • Le 19 mai 2012
  • 2 commentaires

Le week-end dernier, j’étais à New York, et je n’ai pas vu de grosse pomme ! J’espérais bien pourtant me mettre quelque chose sous la dent après Venise (voir ici). C’est vrai, quoi, on va passer quelques jours de vacances sur un lieu connu pour être surnommé The Big Apple, et, pas un hommage, pas un monument consacré au fruit invoqué… à part la pomme d’Apple !!! 

Au deli1 du coin, me direz-vous ? Il y avait bien des pommes ? Eh bien, oui, sans doute, mais je n’étais pas là pour faire du shopping de supermarché… quoique, je n’ai quand même pas pu résister à l’achat d’un bocal de peanut butter2 (chacun ses vices !).

Pas de pommes pour moi à NYC, disais-je donc, mais certes des pommes de terre, dans tous les restaurants ! Frites ou en chips, cela va sans dire ; préparées maison, un petit plus appréciable sur certaines cartes. 

Bon, bon, revenons à nos ortho-moutons. Qu’ai-je donc trouvé d’intéressant à ortho-bloguer ? 

Ah oui ! Tout d’abord, j’ai découvert, dans la boutique UNIQLO de Broadway, qu’il existait une marque de vêtements, créée en 2008 par le japonais Yasutaka Tomita (je vous jure que je ne fais pas exprès), qui s’appelle Dictionary. Quel rapport entre mode et orthographe, me direz-vous ! Aucune idée ! Promis, quand je rencontrerai M. Tomita, un jour peut-être, je le lui demanderai ! 

Deuxième chose plus étonnante encore, un tableau d’un certain Joseph Kosuth (américain et vivant) exposé au MoMA3 et représentant l’agrandissement photographique d’un article de dictionnaire donnant la définition du mot… définition. Évidemment, cela me laisse perplexe. Il y a sans aucun doute une symbolique profonde à ce genre d’œuvre.

Je me renseigne. Le fait que M. Kosuth ait été nommé en 1973 Chevalier des Arts et Lettres par le gouvernement français constitue sans doute un indice. Le fait qu’il ait dit un jour : « La seule exigence de l'art s'adresse à l'art. L'art est la définition de l'art. » finit tout de même de m’embrouiller.

Je persévère. En fait, M. Kosuth ne s’est pas contenté de la définition de définition ; il a aussi photographié-zoomé art et… chaise. Il s’agit d’art conceptuel, autrement dit : « ce qui permet à l’art d’être art », un mouvement qui bannit l’esthétique et toute « visée métaphysique » pour « limiter le travail de l’artiste à la production de définitions de l’art… ».4

Ma conclusion : un dictionnaire donne des définitions de mots, une photo de définition de mot donne une définition de l’art… Comprenne qui pourra ! 

Enfin, voici une troisième et dernière petite anecdote à vous raconter, plus légère et qui m’a fait sourire dans le subway new-yorkais, moi qui ne suis pas une habituée du langage sms. Le cadre : une affiche publicitaire, dans le métro donc, sur laquelle le buste d’une femme style Roy Lichtenstein (encore un artiste contemporain, je ne fais pas exprès non plus !) est représentée au comble de la surprise. Je regarde de plus près, car ça me fait penser à la pub que j’ai vue récemment à Paris pour « un Perrier avec des fines bulles », dans le genre pop art également (et avec un des qui me semble inapproprié, mais bon, c’est encore autre histoire).

De la bouche en Oh ! de la blonde pointillée sort une bulle qui exprime son étonnement devant les avantages d’une société de rachat d’or et d’argent. Et la bulle commence ainsi (je ne me rappelle plus du texte exact, mais en fait on s’en moque un peu, n’est-ce pas ?) : « OMG ! Blablabla, blablabla… ».

MAIS, et j’en arrive à ce qui m’a fait sourire, c’est que, toute nullissime que je suis en langage sms, ce OMG me saute aux yeux comme étant de toute évidence le fameux et policé Oh My God !5 Ce que je trouve drôle, c’est qu’une telle expression soit, d’une part, abrégée et, d’autre part, utilisée ainsi sur une affiche.

Ça ne fait sourire que moi ? Oui, c'est parce que vous n’avez pas vu l’affiche en question et, j’en suis désolée, je n’ai pas pensé à la zoomer-photographier.

À bientôt pour un prochain billet dans lequel je vous parlerai de France Léa… Changement de décor... 

Les deli sont les delicatessen, c'est-à-dire les épiceries ou petits supermarchés.

2 Le beurre de cacahouète, bien sûr !

3 Museum of Modern Art.

4 J'ai puisé mes infos sur le site du Centre Pompidou : http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-ArtConcept/ENS-ArtConcept.htm.

5 Oh ! Mon Dieu !

Dictionary, by Yasutaka TomitaExplication de Explication de

orthographe art contemporain mots voyager artiste japonais définition Lichtenstein Yasutaka Tomita Kosuth

  • 1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.

Commentaires

  • pierre rochette
    bravo pour ce compte-rendu d,anecdotes au sujet de l'art conceptuel à New York

    Dans le cadre de mon vagabondage poétique
    blogs-musée pertinents mais aléatoires
    pour mon oeuvre concept pertinente
    et aléatoire...

    permettez-moi
    de vous offrir
    une de mes chansons
    qui parle de la vie
    d'un artiste-peintre
    et du rapport entre
    sa vie privé et son art

    EN MARCHE VERS UNE VIE PRIVEE OEUVRE D'ART

    Ce qui est beau dans la vie privée oeuvre d'art,
    c'est d'en être le peintre,
    dans un atelier où on doit à la fois
    peindre l'infinie joie d'une humanité
    qui s'élève peu à peu en soi
    et et donner une poignée de main à celui ou celle
    qui reprend sa vie d'artiste du quotidien en main.

    16 ANS D'AVENTURE

    une ière neige sur le lac
    un pic bois qui passe en ami
    un chien qui marche sur la galerie
    deux hommes qui parlent de la vie

    une peinture sur le mur
    l’homme se lève
    me rappelle l’essentiel

    sa peinture date de 16 ans
    l’homme avait déja 38 ans
    était amoureux fou d’une femme
    qui tenait dépanneur, corps et âme

    pendant que lui
    d’un autobus
    était chauffeur de vie

    travaillait pour
    Chevrette transport La Tuque
    avait hâte a la fin de semaine
    tiens ben ta tuque

    rêvait du cap de la madeleine
    mais le dépanneur ferme si tard
    toute la semaine

    en attendant
    monte chez son frêre en haut
    avec toiles et pinceaux

    REFRAIN

    sur sa toile
    des arbres, des billots et de l’eau
    qui dansent l’amour
    comme la chute entraîne tout su l’tableau

    quand on contrôle pu rien
    c’est qu’y a des matins
    où l’amour doux
    c’est trop fou

    quand on contrôle pu rien
    c’est qu’y a des matins
    où l’amour doux
    c’est trop fou

    COUPLET 2

    y a pu de neige sur le lac
    ou est le pic bois mon ami
    le chien est en bas d’la galerie
    l’homme est dehors avec un sac de voyage

    sa vieille peinture
    reste sur le mur
    avec toute sa magie

    un grand amour
    c’est tellement fort
    que leur ière fille s’appelle Pascale
    une ado de 15 ans qui mord
    la vie comme à son ier bal

    pendant qu’sa soeur
    Justine 9 ans
    sourit aux étoiles

    la femme se meurt d’un cancer
    l’homme a finit par jeter sa dernière bière
    il doit monter à Trois-Rivières
    il sera bientôt père et mère

    sa vieille peinture
    su l’mur le rassure
    sur 16 ans d’aventures

    pierrot
    vagabond céleste

    www.enracontantpierrot.blogspot.com
    www.reveursequitables.com

    sur google,
    Simon Gauthier, video vagabond celeste
    • viguier
      C'est un honneur pour moi d'accueillir votre visite aléatoire et vagabonde et d'en garder une si poétique trace. Merci infiniment !