littérature

  • Une vérité de Harry Quebert

    C'est drôle, j'écrivais il y a quelques jours (ici) que j'étais parfois triste de terminer un livre qui m'avait happée, morose de quitter un personnage qui m'avait séduite. Et voilà que je termine le livre que j'étais en train de lire, La Vérité sur l'affaire Harry Quebert, passionnant, soit dit en passant, et que j'y trouve en toute fin de récit exactement le fond de ma pensée dans les mots d'un écrivain à un autre écrivain :

    « Un bon livre, Marcus, est un livre que l'on regrette d'avoir terminé. »

    Un océan de livres nouveaux chaque rentrée, une vague de prix littéraires chaque automne... Littérature avec un grand L des hommes de lettres et autres esthètes du verbe, ou romans de gare qui passionnent tout un chacun, pour ma part, je l'ai dit et je le redis, ce qui prime, c'est le plaisir de la lecture. Alors, comme Harry Quebert, je pense qu' « un bon livre [...] est un livre que l'on regrette d'avoir terminé ».

    À tout lecteur, salut !

  • Ma bonne résolution plaisir, lire plus !

    Que fait une correctrice pendant ses vacances ? Elle lit, bien sûr ! En tout cas, c’est ce que je fais, du moins plus que d'habitude. Quel plaisir de m’installer dans le fauteuil devant la cheminée, en plein après-midi d’hiver, à la lumière du lampadaire, car le jour baisse déjà, et de lire une heure ou deux. La Liste de mes envies1, la semaine dernière (un coup de cœur !), La Vérité sur l’affaire Harry Québert2, cette semaine. Il n’y a que pendant les vacances que je m’octroie de vrais longs moments de lecture plaisir.

    Depuis toujours, j’aime lire, j’aime les livres. Mais je lis trop peu pour le plaisir. Le boulot, les enfants, la maison, il y a fort à faire. J’ai peu de temps pour lire. Ou, pour être plus honnête avec moi-même, je ne prends pas beaucoup le temps de lire.

    D’ailleurs, à quoi bon ? Gérer son propre quotidien n’est-il pas plus important que de se laisser emporter dans celui de personnages imaginaires pour qui il est si facile de décider de changer de vie, de tout quitter pour vivre son rêve, de multiplier son temps de travail par deux pour payer les factures, de le diviser pour devenir la mère idéale. Question de priorités.

    Mais je lis, je dévore même certains livres. Ah ! Ça, oui ! Je le trouve le temps de lire quand je tombe sur une Jane3, une Mariana4, une Alice5 (super coup de cœur !), sur une Aomamé6 ou encore sur une Madame Ming7 ! Que des femmes, tiens !

    Et je lis. J’abandonne un temps mes tâches, ma famille, et je lis. Même si l’on peut partager ses émotions de lecture avec ses amis ou dans un club de lecture, lire est avant tout un plaisir égoïste et solitaire. Dans le fauteuil, une heure, pendant la cuisson du repas, cinq minutes, dans la salle d’attente du médecin, en attendant mon tour, n’importe où, dès que possible. Je me plonge dans la vie des autres à en oublier la mienne. C’est dangereux ! Je ressens le danger de la lecture. Le danger de plonger trop vite trop loin dans ces univers. Quand je retourne à ma réalité, j’ai l’impression d’être sonnée, mal réveillée, dans le brouillard. Souvent même, je suis morose à la fin d’une aventure. Je suis déçue de devoir quitter un personnage particulièrement attachant.

    C’est grave docteur ? Non, bien sûr, une correctrice sait faire la part des choses entre la fiction et la réalité. Ce ne sont là que des histoires. N’empêche, je me sens happée par ces autres vies, et je me sens en danger parfois autant que je m’en délecte. 

    Lecture danger, lecture échappatoire ; mais lecture thérapie, lecture espoir aussi. Connaissez-vous la « bibliothérapie » ? Savez-vous que des psychothérapeutes prescrivent, déjà depuis quelques années, des livres à lire à leurs patients, non pour qu’ils échappent à leur quotidien à problèmes, mais bien pour le partager avec un personnage souffrant du même mal mais qui à la fin s’en sort et donnera de l’espoir au lecteur. Une lecture pour voir les problèmes sous un autre angle, pour se sentir moins seul, pour croire en une guérison possible.

    Et puis quoi ! Même si le « problème » n’est que le monotone quotidien, cela fait du bien, tout simplement du bien de passer quelques heures en compagnie d’un personnage qui nous ressemble ou auquel on aimerait ressembler ou au contraire pas du tout ! 

    Récit captivant, émouvant, trépidant, poignant, hilarant, effrayant, révoltant. Toutes les émotions sont dans la lecture. Alors, ne nous privons pas de ces autres vies qui font rêver, qui font réagir.

    En ce début d’année, prenons la bonne résolution de lire plus.

    Pratiquons la bibliothérapie en automédication ! Lire pour le plaisir, c’est vivre mieux.

    Bonnes lectures 2013 à tous !

    Mes récentes lectures plaisir évoquées ici :

    1 La Liste de mes envies, Grégoire Delacourt, Ed. J.-C. Lattès

    2 La Vérité sur l’affaire Harry Québert, Joël Dicker, Ed. De Fallois

    3 Quitter le monde, Douglas Kennedy, Ed. Belfond

    4 Les Larmes de Tarzan, Katarina Mazetti, Ed. Actes Sud/Babel

    5 La Fille à la vodka, Delphine de Malherbe, Ed. Plon

    6 1Q84, Haruki Murakami, Ed. Belfond

    7 Les Dix Enfants que madame Ming n’a jamais eus, Éric-Emmanuel Schmitt, Ed. Albin Michel

     

  • Bonnes rentrées !

    C’est la rentrée ; me voici de retour sur mon petit coin de toile.

    Pourquoi ai-je mis un pluriel à rentrée ? Parce que deux rentrées bien différentes m’occupent l’esprit actuellement…

    Tout d’abord, la rentrée scolaire ! Et je souhaite une bonne rentrée scolaire à tous les enfants, enseignants et parents ! En particulier, que cette nouvelle année soit pour tous nos petits et grands élèves français une année riche de découvertes orthographiques.

    « Oh ! Toutes les façons d’écrire [o] !

    – Ah ! C’est pour ça qu’on écrit hippodrome mais hypothèse… !

    – Eh ! On a le droit d’écrire ognon sans i maintenant ! »

    Que de découvertes en perspective ! Et si l’on imaginait l’apprentissage des règles d’orthographe comme une chasse aux trésors de notre langue ?

    Qu’on se le dise, la langue française n’est pas la plus difficile du monde. Certes, notre orthographe pose (trop ?) souvent problème, mais, après tout, les Anglais ont bien leurs verbes irréguliers, et les Allemands, leurs déclinaisons ! Sans parler des milliers d’idéogrammes des Chinois…

    Vous voyez ce que je veux dire ?

    Parlons livres maintenant. Je souhaite à tous les amateurs de lecture une belle rentrée littéraire. Pensez donc, six cent quarante-six romans sont annoncés ! Des auteurs français, des étrangers traduits, les candidats aux prix de l’automne et les autres. Beaucoup de pixels coulent sur la toile à propos de telle statistique défavorable à la littérature française ou de tel auteur incontournable, de cette pré-liste du Goncourt sans les favoris (les favoris de qui, au fait ?), ou de la qualité d’un livre en fonction de la « qualité » de son auteur.

    Fi de tout cela ! Ce qui prime, n’est-ce pas le plaisir personnel de la lecture ? Alors que chacun, à sa façon, fasse sa sélection et se délecte de mots et d’images, de lignes et de pages, d’histoires vraies et de non moins vraies fictions.

    On n’est pas obligés d’aimer ce que les autres aiment et de négliger ce que les autres négligent !bibliothecaire-giuseppe-arcimboldo-3.jpg

    Vous voyez ce que je veux dire ?

                                                                                   Alors cher visiteur, bonnes rentrées !

    Question subsidiaire : savez-vous combien de livres, destinés aux adultes (hors livres scolaires, donc), sont parus ou paraissent en cette rentrée littéraire (entre le 1er août et le 1er novembre) et ayant pour sujet l’orthographe ? QUINZE* ! Sans commentaire...

    *Source : Electre

    Illustration : Le Bibliothécaire, Guiseppe Arcimboldo.

  • Les perles de mon salon (du livre)

    Juste pour le plaisir de partager, je vous livre les perles rares que j'ai rapportées de ma visite au salon du livre lundi dernier, avec la promesse de voyages littéraires, dans l'espace et dans le temps...

    Première perle rare, alors que je m'apprête à découvrir la Grosse Pomme d'ici quelques semaines : New York, Heureux qui comme... Paul Bourget (Éditions Magellan & Cie, en partenariat avec GEO, 2012). Le regard d'un écrivain français, le très conservateur Paul Bourget, sur la « capitale » du Nouveau Monde... en 1893 ! Je pourrai comparer !

    Deuxième perle, la très célèbre Île au trésor de Robert Louis Stevenson (1883) sous forme de CD audio (Éditions EPM Jeunesse, 2006) à écouter en famille lors d'un prochain périple en voiture. Je lis depuis quelques semaines Fanny Stevenson (Robert Laffont, 1993), le livre biographique d'Alexandra Lapierre sur la romanesque vie de l'épouse, infirmière et conseillère du célèbre romancier. Ce CD m'a tendu les bras et je l'ai recueilli !

    Troisième perle plus rare encore... l'édition 2012 d'Européens & Japonais, Traité sur les contradictions & différences de mœurs, écrit pas le père jésuite Luís Fróis en... 1585 ! Alors là, je n'ai pas hésité une seconde à m'offrir cette perle, dont j'avais lu l'existence dans le savoureux Au Japon ceux qui s'aiment ne disent pas je t'aime, d'Elena Janvier (Arléa, 2011). Là encore, je pourrai comparer ! Merci aux éditions Chandeigne !

    Enfin, une perle pas rare du tout depuis quelques jours en France, l’une des vedettes du salon, même, mais qui va également me transporter dans un autre monde : le très attendu 1Q84 livre 3 de Haruki Murakami (Belfond, 2012) ! Après le XIXe et le XVIe siècle, retour vers le passé XXe siècle, pour un monde parallèle à deux lunes...

    J'espère vous avoir mis l'eau à la bouche pour l'une ou l'autre de ces aventures littéraires et humaines.