Pourquoi faut-il absolument accentuer les capitales (et pas seulement les majuscules… voir ici la différence) ?
Entrons tout de suite dans le vif du sujet avec un exemple célèbre :
UN INTERNE TUE
Que comprenez-vous de ce gros titre de journal ?
♦ Un étudiant en médecine a assassiné quelqu’un ? (UN INTERNE TUE)
♦ Un étudiant en médecine a été tué ? (UN INTERNE TUÉ)
♦ Un fou s’est fait assassiner ? (UN INTERNÉ TUÉ)
♦ Un fou a tué quelqu’un ? (UN INTERNÉ TUE)
CQFD ! Quelqu’un doute-t-il encore de la nécessité absolue d’accentuer les capitales ?
Pourquoi, alors, l’usage est-il si fluctuant en la matière ?
En fait, l’usage des accents sur nos capitales françaises s’est perdu avec la fabrication massive de machines à écrire par les pays anglophones, lesquels n’utilisent pas ces accents (pas plus que la cédille ou le tréma) et n’avaient pas jugé utile de les intégrer sur le clavier.
Aujourd’hui, plus d’excuse pour nous, francophones, car tous les logiciels de traitement de texte permettent d’ajouter accents, cédilles et trémas à nos lettres capitales.
Encore un petit exemple pour la route :
L’INFORMATIQUE A SOIXANTE ANS
Est-ce une affirmation sur la durée d’existence de l’informatique (A sans accent, verbe avoir) ?
Ou est-ce l’introduction à une réflexion sur l’usage de l’informatique par les sexagénaires (À avec accent indispensable, sinon, il y a faute d’orthographe !) ?
J’espère avoir été convaincante sur l’accentuation des capitales ! Mais surtout, surtout, veillez à l’homogénéité de vos textes ! Une seule capitale accentuée et ce sont toutes vos capitales qui doivent l’être !
Référence : Les Bizarreries de la langue française, Petit Inventaire de ses subtilités, Daniel Lacotte, Albin Michel, 2011.