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Une vérité de Harry Quebert

C'est drôle, j'écrivais il y a quelques jours (ici) que j'étais parfois triste de terminer un livre qui m'avait happée, morose de quitter un personnage qui m'avait séduite. Et voilà que je termine le livre que j'étais en train de lire, La Vérité sur l'affaire Harry Quebert, passionnant, soit dit en passant, et que j'y trouve en toute fin de récit exactement le fond de ma pensée dans les mots d'un écrivain à un autre écrivain :

« Un bon livre, Marcus, est un livre que l'on regrette d'avoir terminé. »

Un océan de livres nouveaux chaque rentrée, une vague de prix littéraires chaque automne. Et parmi ces milliers de pages, trois catégories de livres, qui parfois se mêlent : la bonne littérature, celle des hommes de lettres et autres esthètes du verbe, les bons livres, ceux qui passionnent tout un chacun, amateur de sentiments ou de frissons... et les autres. 

Pour ma part, je l'ai dit et je le redis, ce qui prime, c'est le plaisir de la lecture. Alors, comme Harry Quebert, je pense qu' « un bon livre [...] est un livre que l'on regrette d'avoir terminé. »

À bon lecteur, salut !


Récompense, hommage et culture

Voici une actualité discrète qui pourtant nous vient du ministre de l'Éducation nationale en personne. Une actualité « langue et éducation » qui naturellement trouve sa place ici et que je vous livre dans ses grandes lignes.

Depuis hier et jusqu'à ce soir se tiennent à Paris, au lycée Louis-le-Grand, des « Rencontres autour des langues et cultures de l’Antiquité ». Le ministre y a annoncé la création d'un prix récompensant des initiatives créatives de professeurs de grec et de latin, afin de promouvoir ces enseignements en décrépitude dans les collèges et lycées français (plus d'infos sur http://veille-education.org/).

Ce prix portera le nom d'une femme à la fois illustre et méconnue : Jacqueline de Romilly, éminente spécialiste de la Grèce antique et, entre autres hauts faits, deuxième femme à siéger à l'Académie française (à partir de 1988), après Marguerite Yourcenar. Cette grande dame s'est éteinte en décembre 2010 à l'âge de 97 ans et « Le plus bel hommage que nous pouvons lui rendre est de perpétuer la mémoire et l’esprit de son oeuvre » a déclaré Luc Chatel. C'est là l'un des objectifs de ce nouveau prix, voulu par le ministre de l'Éducation nationale.

Quant à la question de l'utilité de l'enseignement de ces langues dans le secondaire, c'est là un débat dans lequel je ne me lance pas ici. J'ai fait du latin, je n'ai pas le sentiment qu'il m'en reste grand chose, techniquement parlant  – peut-être au moins mon goût intrinsèque pour l'étymologie –, mais je suis convaincue de l'intérêt intellectuel et culturel de l'apprentissage de ces langues anciennes, non seulement parce qu'elles sont porteuses d'histoire, des origines de notre civilisation, mais aussi parce qu'elles constituent le fondement de notre langue actuelle.

Ab origine fidelis

« Fidèle à ses origines. Ne pas oublier d'où l'on vient. »