On vérifie ses sources, bien sûr !
Mon histoire est un canular ! Un poisson d’avril imaginé, en 1978, par Reg Friesen et Ken Woolner, professeurs (respectivement de chimie et de physique) à l’Université de Waterloo, au Canada.
Ainsi donc :
– Claude Litre est un personnage de (science-)fiction,
– il n’existe pas de M. Litre justifiant le symbole L,
– l’usage du l minuscule est bel et bien le seul réglementaire… jusque-là !
Oui, mais voilà… Vous avez remarqué ? Le l ressemble (selon les polices d’écriture) à un I (i en majuscule) ou à un 1 (le chiffre). Or, justement, un débat existait au sein de la communauté scientifique internationale au sujet de ce symbole ambigu, et d’aucuns militaient pour l’usage du L majuscule.
À chaque problème, sa solution (si c’est pas scientifique, ça !) : M. Litre n’existait pas ? Il suffisait de l’inventer !
Mais c’était pour rire !
Or Woolner fut rapidement dépassé et même décontenancé par la réception de sa fausse biographie de Claude Litre, qui, le croirez-vous ?, fut prise pour véritable et relayée par des organes de presse tout à fait sérieux.
N’empêche, cette petite blague a tout de même porté ses fruits là où ils étaient utiles, puisque lors de la 16e Conférence générale des poids et mesures (CGPM), en 1979, il a été résolu d’adopter, à titre tout à fait EXCEPTIONNEL et PROVISOIRE (ça dure toujours), le L comme deuxième symbole autorisé pour désigner le litre.
Ainsi, la réponse à ma question initiale est : les deux, mon capitaine !
Aujourd’hui (et jusqu’à nouvel ordre), on a la possibilité légale, officielle et scientifique d’utiliser les deux symboles l et L pour le litre !