correction

Correcteur pas correct

Cela fait longtemps que je n'ai pas pris le temps bloguer ici.

Mais je me dois de partager avec vous ma récente découverte d'un correcteur en ligne particulièrement mauvais : http://www.mystilus.com/Page_d_accueil.

Je ne recherche pas ce genre de sites en général et suis tombée dessus par hasard. Méfiante par nature orthographique, vous le savez, je m'empresse de réaliser un petit test très simple... qui ne fait que confirmer mes soupçons. Voyez plutôt : 

Je demande la vérification de la phrase : « La mer de mon geandre es plu agé que moi. » et appuie sur la touche réviser.

Le mal nommé Stilus me signale :

 - que geandre et agé sont incorrects en les soulignant de rouge,

 - que, geandre ne convenant pas, je peux le remplacer par geindre... (pas d'autre choix, j'accepte donc, en remplaçant ainsi sciemment une erreur par une autre...)

 - que pour agé, il me faut choisir entre âge et âgé. Je choisis âge... (en gardant donc également une faute à la place d'une autre)

 - et c'est tout ! S'affiche alors cette édifiante conclusion : « Il n'y a plus d'erreur. »

Je peux donc, à l'en croire, écrire en toute confiance dans mon texte : 

« La mer de mon geindre es plu âge que moi. »

J'insiste, je redemande une révision sur cette phrase. Réponse :  « Nous n'avons pas trouvé d'erreur. »

Eh bien ! voilà qui est intéressant, n'est-ce pas ? Il ne me reste plus qu'à vous donner ma version sans erreur de cette phrase (pour laquelle Stilus affirme tout autant ne pas avoir trouvé d'erreur... À la bonne heure !), en corrigeant d'une part les 4 fautes sur 6 non trouvées par Stilus, et d'autre part les 2 qu'il m'a proposé d'ajouter...

« La mère de mon gendre est plus âe que moi. »

... et à vous conseiller la plus grande méfiance à l'égard de ce genre de sites de correction...

Un livre-pépite parmi des millions d'autres

Partageons, partageons nos lectures ! Et dire qu’il fut un temps où je considérais la lecture comme un plaisir solitaire.

Depuis mon expérience mère-fille du prix Gulli du roman, je m’intéresse de plus près à la littérature jeunesse, et ma fille, en plus de me signaler systématiquement les fautes qu’elle relève dans les livres, maintenant me conseille des lectures. C’est drôle, d’avoir longuement discuté littérature avec moi, elle est maintenant capable de prévoir ce qui va me plaire dans ses toujours aussi voraces lectures.

Cette semaine, une nouvelle copine lui a prêté de nouveaux livres. Parmi ceux-là, 22 !. « Tu devrais lire ce livre, m’a-t-elle simplement dit, je pense qu’il va te plaire. »image-22.jpg

Bingo ! J’ai lu et j’ai beaucoup aimé ! Car ce n’est pas juste une jolie histoire pour enfants...

Il a sa place dans ce blog, 22 !, ce livre de Marie-Aude Murail, paru chez l’École des Loisirs en 2008.

C’est l’histoire d’un grand-duc qui fait interdire la lettre v dans son duché. Pourquoi ? Parce que, à la naissance de son riquiqui fils Ivan, un jeune poète en herbe écrit une chanson un peu moqueuse qui connaît un grand succès parmi les gens du peuple. La chanson parle d’Ivan, de vent, et vlan, et vlan, et vlan !… Vexé, le grand-duc, voulant éviter que son bourreau ne soit débordé à couper les têtes de tous les moqueurs, a cette brillante idée d’interdire la lettre v… et s’y contraint lui-même, ce qui lui vaut moult migraines. Essayez donc de parler sans v ! Ce n’est pas une mince affaire !

Alors bien sûr, on peut voir dans ce livre un plaidoyer contre toutes les censures, avec cette « police de la répression du v ». D’autant que ce titre, 22 !, évoque clairement l’expression argotique « 22 ! V’là les flics ! » (bien que 22 soit ici en premier lieu le rang du v dans l’alphabet !)

Ce qui me plaît, à moi, c’est l’art de jouer avec les mots. L’auteur s’amuse et nous amuse.

Cette drôle de loi rappelle le jeu de mot appelé « lipogramme », qui consiste à se contraindre à écrire un texte sans l’une ou l’autre lettre. Le plus connu des lipogrammes est sans doute le roman La Disparition, de Georges Perec, écrit sans utiliser la lettre e, et chacun imagine la gageure que cela représente en français (cet ortho-billet est bien un lipogramme sans w – mis à part ce dernier –, mais où est l’effort ?).

Certes, comme le lipogramme exalte la créativité, la disparition du v au grand duché encourage la recherche de synonymes : plus de vent, mais de la bise, du zéphire, de la tramontane… Mais il faut bien le dire, la perte d’une lettre est une calamité !

Le fautif troubadour, Vladimir devenu Ladimir, postule d’abord, incognito, au nouveau métier en vogue, euh... à la mode : « correcteur de la chose écrite », car il faut aussi faire disparaître le v des livres, euh… des choses écrites. Et il se met à réécrire, lui qui rêvait d’être écrivain (lui qui songeait à se faire romancier...). Mais, déprimé, le v le démangeant décidément, il se retire dans une « vieille villa avec véranda » au creux d'une « vallée venteuse ». Oh, là, là ! Allez dire ça sans v !

Vous l’aurez compris, ce livre est tout à fait réjouissant, de ceux que j’aime tout particulièrement, car au plaisir de lire il cumule la perception de celui que l’auteur a indubitablement pris à l’écrire.

De plus, et ce n’est pas là son moindre intérêt, il permet aux jeunes lecteurs, public destinataire, rappelons-le, de cette aventure insolite, de réfléchir sur leur propre langue et sur la richesse du vocabulaire qu’ils emploient sans même y penser.

Alors, merci ma fille pour ce conseil de lecture ! À mon tour, ici, je partage le plaisir que m’a apporté cette petite pépite.

Lisez et faites lire !

10 000 !

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Pour fêter de ce beau nombre atteint ce mois-ci, et déjà largement dépassé à l'heure où je vous parle, j'offre à mes 3 prochains clients une

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Et je vous souhaite encore une très belle année 2013 !

*remise équivalant à 10 000 signes corrigés gratuitement pour les 3 premiers contrats de 50 000 signes minimum signés avant le 15 février 2013.