culture

Dicos nouveaux

Les dictionnaires nouveaux sont arrivés ! Le Petit Robert et le Petit Larousse, édition 2016, sont parus en mai dernier, en avance sur leur temps comme à leur habitude, et tentant de rester à la page en intégrant comme chaque année un florilège de mots nouveaux… dont le choix en laissera perplexe plus d’un.

Notre langue évolue avec son temps aussi, certes, mais beuh pour « marijuana » et mémériser pour « vieillir l’apparence d’une femme » nécessitaient-ils vraiment une pérennisation lexicale ? Les expressions « tendu comme un string » ou « maquillée comme un camion volé » sont-elles vraiment devenues indispensables à notre culture linguistique ?

D’ailleurs, c’est drôle, parmi les nouveaux venus, les quelques mots mis en avant sur http://www.linternaute.com/actualite/societe/1230509-nouveaux-mots-du-dico-2016/ (par exemple) et sur le site du Petit Robert (http://www.lerobert.com/le-robert-illustre/les-mots-nouveaux.php) ne sont pas du tout les mêmes. À croire que l’éditeur lui-même n’assume pas certains de ses choix… Encore plus drôle, sur le site du Petit Robert, parmi les mots nouveaux figure l’anglicisme big data, sa définition et… la recommandation « officielle » pour exprimer cette notion : mégadonnées !

 

Je suis fidèle au Petit Larousse et me procure la dernière édition tous les 3 ou 4 ans, histoire de rester moi-même à la page. Cette année, mon tout nouveau dictionnaire arbore fièrement une jolie carte dorée me donnant accès à une version Internet du Larousse 2016. Chouette, chouette ! Moi qui suis adepte de la version gratuite en ligne pour mes recherches rapides, mais qui dois régulièrement retourner à mon bon gros pavé, me voilà emballée par une version actualisée directement à portée de clavier. Je m’empresse donc d’activer mon dictionnaire Internet et bien sûr de le tester…

Quelle déception ! Côté dictionnaire, les mots nouveaux n’y sont pas et je ne trouve aucune plus-value par rapport à la version gratuite en ligne accessible à tous. C’est d’ailleurs, je le suspecte, exactement la même version. Côté conjugateur, apparemment rien de nouveau non plus : il ne sait pas conjuguer « mémériser ». Côté encyclopédie, c’est pire. Une suite de dossiers à consulter, classés par thèmes, mais aucune possibilité de recherche par mot-clé, ce qui limite grandement son utilité, la version gratuite étant bien meilleure pour cela.

Je trouve finalement un intérêt à ce « webdictionnaire » (!) : les documents vidéo,  quasi absents du Larousse en ligne. Il faut cependant parcourir la liste chronologique pour y trouver un sujet en particulier, car, là encore, pas de recherche par mot-clé. C’est très dommage.

En bref, grande déception quant à la petite carte dorée de mon nouveau dictionnaire, mais quelle importance ? De toute façon, c’est bien ma version papier que je voulais actualiser. Me voilà équipée pour 3 nouvelles années !

Le timbre-poste par Friedensreich Hundertwasser

Cher visiteur, je vous livre ici un texte que j'ai découvert récemment au musée en Herbe, sympathique petit musée parisien à destination des enfants, mais pas seulement. L'exposition actuelle concerne l'architecte-artiste-écologiste Friedensreich Hundertwasser. Un nom imprononçable mais une œuvre magistrale de couleurs et de générosité.

L'artiste a dessiné beaucoup de timbres et en particulier, en 1983, plusieurs séries pour les Nations unies. Les photos que je présente ici sont de moi. Elles ne sont pas de très bonne qualité mais donnent une idée de ces œuvres miniatures de Hundertwasser.

Le texte est un peu long mais offre un point de vue intéressant sur la notion d'art pour tous et sur la relation épistolaire. Et qui dit lettre dit orthographe, d'où mon envie de vous présenter ce texte. Bonne lecture ! 

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« Le timbre représente un point important.

Bien que sa taille soit très petite, il porte un message crucial.

Les timbres représentent le niveau culturel d’un pays.

Ce petit morceau de papier lie le cœur de l'expéditeur à celui du destinataire, réduisant la distance.

C’est un pont qui relie les gens et les pays.

Le timbre passe toutes les frontières.

Il atteint les hommes en prison, dans les asiles et les hôpitaux.

 

Les petits timbres-poste deviennent de grandes œuvres d’art

Accessibles à tous,

Jeunes et vieux, riches et pauvres, malades et bien-portants,

Lettrés ou illettrés, hommes libres ou en prison.

Les timbres doivent redevenir précieux,

Comme de petits morceaux de paradis

Fabriqués comme de la beauté concentrée cristallisée

Avec des techniques très fines.

 

Les timbres devraient être les ambassadeurs de l’art et de la vie,

Et non de simples reçus sans âme indiquant que l’affranchissement a été payé.

Un timbre doit suivre son destin.

Les timbres doivent revenir à leur but, c'est-à-dire servir pour le courrier.

 

Un vrai timbre doit sentir la langue de l’expéditeur, mouiller la colle et être collé sur l'enveloppe.

Un timbre doit connaître l’obscurité à l’intérieur d’une boîte aux lettres.

Un timbre doit subir le tampon en caoutchouc du bureau de poste.

Un timbre doit voyager en compagnie d’autres lettres,

Dans des sacs de poste, par bateau, par avion ou par camion.

Un timbre doit sentir la main du facteur distribuant la lettre au destinataire.

 

Un timbre qui n’a pas été posté n’est pas un timbre, il n’a jamais vécu, il est faux.

C’est comme un poisson qui n’a jamais nagé, comme un oiseau qui n'a jamais volé,

Un timbre doit avoir vécu sa vie de timbre.

Ce n’est qu’après ce moment-là, quand tout est terminé,

Que le timbre peut commencer une nouvelle vie en tant qu'objet de collection.

Alors il peut être aimé et apprécié pour sa beauté sa splendeur, sa délicatesse,

Et par-dessus tout, en tant que souvenir et témoin et messager.

Chaque homme reçoit gratuitement cette splendide œuvre d’art,

Comme un cadeau venant de très loin.

 

Les timbres devraient être une œuvre d’art témoignant de la culture,

De la beauté et de la créativité humaine.

Ce petit morceau d’art arrive souvent jusqu’à un être humain seul,

Qui a hâte de recevoir ce message.

Une lettre contient donc deux messages :

L’un est écrit et personnel,

L’autre est un message provenant d’un royaume fantastique,

Le royaume de la créativité humaine,

Qui représente les pays et les nations et le fait que les rêves deviennent bien réalité.

Une paix juste sur Terre s’ensuivra si l’effort

Enthousiaste de l’homme rejoint le besoin inné qu'a la nature de créer la beauté.

 

C’est pourquoi je salue cette tentative des

Nations Unies d’émettre des timbres uniques, de grande qualité,

Car qui d’autre que les Nations Unies,

Qui représentent l’espoir des gens de ce monde

Où les besoins de tous se rencontrent,

Devrait et doit donner l’exemple au monde

D’une vie meilleure sur Terre dans la beauté,

En harmonie avec la créativité de la nature et de l’homme ? »

                                                            Friedensreich Hundertwasser

Sur la route des vacances

Ah ! on en voit de belles sur la route des vacances ! De belles contrées, de belles choses, de belles fautes d’orthographe...

Sur la route de mes vacances, j’ai vu une pataterie, une caféothèque, une repasserie1… Et aussi des hourds2 et des gours3, des rugbycons4 au lait de chèvre et des galets5 pur porc.

Sur la route de mes vacances, j’ai vu la Saint-Affrique6, du jonc des chaisiers7 et un architonnerre8… Et aussi un vari roux9, un moustac10 sans moustache et un agame barbu11.

Sur la route de mes vacances, j’ai vu que « la station et la boutique vous accueille… » au singulier, chez un pétrolier, pas français mais c’est pas une excuse… Et aussi « un des plus grand sites… » manquant d’s et encore du « souffre » d’origine volcanique souffrant d’un f en trop… 

Ah ! on en fait des kilomètres sur la route des vacances, et l’on y voit de belles fautes d’orthographe… comme partout ailleurs, d’ailleurs. Mais on trouve aussi un luxe de jolis mots à découvrir et à collectionner, comme autant de souvenirs de vacances, gratuits et enrichissants. 

Alors, vivement les prochaines vacances, belle fin d'été à tous et rendez-vous ci-dessous pour quelques définitions utiles... et moins utiles !

 

1 Noms d’enseignes commerciales vues à Tour, à Nice et à Paris.

2 Sur les châteaux du Moyen Âge, galerie en charpente au sommet d'une muraille, ancêtre du mâchicoulis, vus au château de Castelnaud.

3 Concrétions carbonatées formant des barrages en travers d'un écoulement souterrain, vues au gouffre de Padirac.

4 Petits fromages en forme de ballon de rugby, vus dans un supermarché dans le Périgord. Mon partenaire de site Alain Créhange, passé maître en mots-valises, en connaît un autre genre, de rugbycon… à découvrir ici http://alain.crehange.pagesperso-orange.fr/frmotval_r.htm.

5 Galets cendrés, petits saucissons ronds affinés sous la cendre, dégustés à Sarlat.

6 Petite ville traversée dans le Sud-Aveyron.

7 Jonc lacustre utilisé en vannerie.

8 Canon à vapeur inventé par Léonard de Vinci, vu au Clos Lucé, demeure du grand génie.

9 L’une des nombreuses espèces de primates observées au zoo-parc de Beauval.

10 Idem (primate).

11 L’une des nombreuses espèces de reptiles observées au zoo-parc de Beauval.