grec

P'tits cubes bling bling, culture générale et phobies

De notre petite fête entre amis le week-end dernier sont restés quelques-uns des incontournables petits cubes bling bling de fromage fondu et leurs indissociables pièges à culture générale...

Ce midi, avec les enfants, nous mangeons les restes tout en nous cultivant :

Comment appelle-t-on l'aversion pour les barbes ?

Ah ? Parce qu'il y a aussi un nom pour ça ?

Eh oui ! Réponse : la pogonophobie

C'est du grec ancien, paraît-il, de pôgôn pour « barbe » et phóbos, que l'on connaît, pour « peur ». Je dis « paraît-il » parce que même mon fidèle Petit Larousse n'a pas jugé indispensable de définir cette poilante phobie.

C'est sûr, en matière de noms « phobiques » aussi divertissants que mystérieux, il y a de quoi encombrer les dictionnaires !

D’ailleurs, j’avais il y a quelques mois consacré un ortho-truc à l’une de ces définitions à la fois insolites et étymologiquement très sérieuses, en l’espèce, la phobie du vendredi 13

Êtes-vous herpétophobe? hexakosioihexekontahexaphobe2 ? myrmécophobe? ithyphallophobe4 (Oh !) ? éreutophobe? sidérodromophobe6 ? ou tout simplement pantophobe7 ?

Certains souffrent d’orthographobie8, mais de quoi souffrent ceux que les fautes d’orthographe rendent malades ? (Pas moi, je vous rassure, sinon, avec mon métier, je serais constamment en arrêt de travail !)

Une chose est sûre, ma petite famille et moi-même ne souffrons pas de coulrophobie9 et nous allons bien nous amuser ce week-end à la nuit du Clown à Vauréal (95)…

En attendant, merci les p'tits cubes ! Je me coucherai moins bête ce soir...

 

Une référence : http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_phobies

1 peur des reptiles ou amphibiens

2 peur du nombre 666

3 peur des fourmis

4 peur de voir des pénis en érection

5 peur de rougir en public

6 peur de voyager en train 

7 peur de tout !?

8 peur des « bonnes pratiques définies par l'orthographe » (amusez-vous ici : http://orthographobie.com/)

9 peur des clowns !

 

Récompense, hommage et culture

Voici une actualité discrète qui pourtant nous vient du ministre de l'Éducation nationale en personne. Une actualité « langue et éducation » qui naturellement trouve sa place ici et que je vous livre dans ses grandes lignes.

Depuis hier et jusqu'à ce soir se tiennent à Paris, au lycée Louis-le-Grand, des « Rencontres autour des langues et cultures de l’Antiquité ». Le ministre y a annoncé la création d'un prix récompensant des initiatives créatives de professeurs de grec et de latin, afin de promouvoir ces enseignements en décrépitude dans les collèges et lycées français (plus d'infos sur http://veille-education.org/).

Ce prix portera le nom d'une femme à la fois illustre et méconnue : Jacqueline de Romilly, éminente spécialiste de la Grèce antique et, entre autres hauts faits, deuxième femme à siéger à l'Académie française (à partir de 1988), après Marguerite Yourcenar. Cette grande dame s'est éteinte en décembre 2010 à l'âge de 97 ans et « Le plus bel hommage que nous pouvons lui rendre est de perpétuer la mémoire et l’esprit de son oeuvre » a déclaré Luc Chatel. C'est là l'un des objectifs de ce nouveau prix, voulu par le ministre de l'Éducation nationale.

Quant à la question de l'utilité de l'enseignement de ces langues dans le secondaire, c'est là un débat dans lequel je ne me lance pas ici. J'ai fait du latin, je n'ai pas le sentiment qu'il m'en reste grand chose, techniquement parlant  – peut-être au moins mon goût intrinsèque pour l'étymologie –, mais je suis convaincue de l'intérêt intellectuel et culturel de l'apprentissage de ces langues anciennes, non seulement parce qu'elles sont porteuses d'histoire, des origines de notre civilisation, mais aussi parce qu'elles constituent le fondement de notre langue actuelle.

Ab origine fidelis

« Fidèle à ses origines. Ne pas oublier d'où l'on vient. »