vérifier

  • De l’utilité de compter les espaces comme des caractères...

    Un internaute me demande pourquoi compter les espaces comme des caractères dans la correction professionnelle, et « comment peut-on faire des fautes d’espace ? »...

    C’est l’occasion de faire le point sur la question. Car, de fait, une part non négligeable de mon temps de correction est passée à corriger… le vide !

    Eh oui ! Il y a effectivement plusieurs types d’erreurs possibles concernant les espaces, lesquelles* font partie, rappelons-le, des caractères dits « non imprimables », comme les retours à la ligne.

    Voici quelques exemples de corrections nécessaires sur les espaces.

       ♦ Pour commencer, la très classique double espace. Une espace en trop entre deux mots, c’est une intervention du correcteur.

       ♦ Deuxièmement, les oublis de traits d’union dans les mots composés : vis à vis, c’est à dire, un New Yorkais… Ce sont autant d’espaces à « combler », donc nécessitant une correction.

       ♦ Enfin, l’espace insécable… obligatoire, par exemple, avant un signe de ponctuation dite « haute » (:;!?) ou entre un nombre et le symbole d’une unité de mesure (10 min, 3 kg, 1 000 €, 23 %…). Cette espace empêche ladite ponctuation ou le symbole d’être séparé en fin de ligne de ce qui le précède. Beaucoup de vérifications et de corrections en la matière !

     CQFD ! Voilà pourquoi il n’est pas saugrenu, et encore moins opportuniste, de facturer les espaces comme tous les autres caractères lors d’une correction orthographique !

    NB : sachez que la langue française distingue en réalité trois types d’espaces :

       ♦  l’« espace mots justifiante », espace « normale » et qui, dans un texte justifié, varie en largeur en fonction du nombre de mots sur chaque ligne ;

       ♦  l’« espace mots insécable », de largeur fixe et empêchant, donc, un mot ou un caractère (guillemets, deux-points) d’être séparé en fin de ligne du mot qui le précède (ou qui lui succède, dans le cas du guillemet ouvrant) ;

       ♦  l’« espace fine insécable », qui précède les ponctuations hautes autres que le deux-points (;!?). En pratique, avec les logiciels de traitement de texte, aujourd’hui, l’espace fine n’est pas facilement intégrable et est le plus souvent remplacée par une espace mots insécable.

    *le mot « espace » est féminin en typographie.

    Plus d’infos dans le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, 2002, Imprimerie nationale

  • Correcteur pas correct

    Cela fait longtemps que je nai pas pris le temps bloguer ici.

    Mais je me dois de partager avec vous ma récente découverte dun correcteur en ligne particulièrement... décevant : http://www.mystilus.com/Page_d_accueil*.

    Je ne recherche pas ce genre de sites en général et suis tombée dessus par hasard. Méfiante par nature orthographique, vous le savez, je mempresse de réaliser un petit test très simple... qui ne fait que confirmer mes soupçons. Voyez plutôt : 

    Je demande la vérification de la phrase « La mer de mon geandre es plu agé que moi. » (oui, je sais, jétais dhumeur sournoise) et appuie sur la touche « réviser ».

    Le mal nommé Stilus me signale :

     ♦ que geandre et agé sont incorrects en les soulignant de rouge ;

     ♦ que, geandre ne convenant pas, je peux le remplacer par geindre... (pas dautre choix, jaccepte donc, en remplaçant ainsi sciemment une erreur par une autre...) ;

     ♦ que pour agé, il me faut choisir entre âge et âgé. Je choisis âge... (en gardant donc également une erreur à la place dune autre) ;

     ♦ et cest tout ! Saffiche alors cette édifiante conclusion : « Il n’y a plus d’erreur. »

    Je peux donc, à len croire, écrire en toute confiance dans mon texte : 

    « La mer de mon geindre es plu âge que moi. »

    Jinsiste, je redemande une révision sur cette phrase. Réponse :  « Nous navons pas trouvé derreur. »

    Eh bien ! voilà qui est clair, n’est-ce pas ? Il ne me reste plus quà vous donner ma version sans erreur de cette phrase (pour laquelle Stilus affirme tout autant ne pas avoir trouvé d’erreur... À la bonne heure !), en corrigeant dune part les quatre erreurs sur six non trouvées par Stilus, et dautre part les deux quil ma proposé dajouter...

    « La mère de mon gendre est plus âe que moi. »

    ... et à vous conseiller la plus grande méfiance à légard de ce genre de sites de correction...

    *Ce site n’est désormais plus accessible.